Les allures

Les allures constituent les différents moyens de locomotion utilisés par le chien pour effectuer les déplacements de son corps à la surface du sol. On peut les diviser en deux les allures marchées : pas et amble ; grandes catégories : les allures sautées : trot et galop.

Le pas

C’est l’allure la plus lente dans laquelle se lèvent et se posent tour à tour les membres et en se succédant diagonalement. Ainsi, si l’animal part du pied droit, le déplacement se fait dans l’ordre suivant : antérieur droit, postérieur gauche, antérieur gauche, postérieur droit.

Le pas est dit normal lorsque c’est l’allure naturelle du sujet envisagé, on peut forcer l’allure en faisant « allonger » le pas ou au contraire la diminuer en faisant « raccourcir » le pas. C’est le pas normal qui est l’allure la moins fatigante.

L’amble

C’est une allure naturelle à deux temps, qu’on peut constater chez de nombreux chiens de Bergers : on dit que le chien « amble », « marche l’amble », « va l’amble », « est ambleur ».

Cette allure peut être naturelle ou acquise par le dressage. C’est une allure latérale » beaucoup moins gracieuse que le trot, dans laquelle chaque bipède latéral vient à l’appui simultanément. C’est-à-dire un antérieur et un postérieur du même côté se déplaçant en même temps et dans le même sens. L’amble doit être une allure moins fatigante que le trot pour le sujet qui l’utilise tout en restant presque aussi rapide. En effet, le chien au troupeau l’adopte souvent comme allure de repos, surtout par grande chaleur et en fin de journée. Certains sujets en font presque continuellement usage, ce sont peut-être là des signes de manque de robustesse chez eux. Des auteurs ont affirmé, sans d’ailleurs apporter d’explication valable à leur thèse, que l’amble provenait d’un défaut de l’avant-main, c’est là une erreur et cette allure ne doit pas être prétexte à pénalisation en exposition ou épreuve de travail, car on ne voit pas pourquoi elle serait considérée comme une tare chez un sujet dont la structure ne laisse rien à désirer.

Le trot

C’est une allure naturelle, mais sautée à deux temps plus ou moins rapides où les membres se déplacent par bipèdes diagonaux. Le trot peut lui aussi être allongé ou raccourci.

C’est l’allure normale du chien de Berger qui lui permet la course de fond que constitue le travail au troupeau. Si on allonge excessivement le trot, alors le chien prend l’allure du galop. Si le trot se raccourcit trop, alors ses allures sont piquées, c’est ce qu’on observe avec les épaules trop droites.

Le galop

C’est une allure saccadée et sautée à trois temps où chaque bipède se déplace de manière « hétérochrone », c’est-à-dire dont les battues sont espacées par des intervalles de temps inégaux. On dit que le chien galope à droite ou à gauche selon que la dernière battue est fournie par l’antérieur droit ou l’antérieur gauche. C’est une allure rapide utilisée pour les courses de vitesse.

Utilité de la queue dans les allures

On a dit que la queue du chien lui servait de gouvernail, c’est plutôt de balancier qu’il faudrait parler. En effet, on peut remarquer que dans les allures vives, la queue peut servir de régulateur d’équilibre. Bourdonneau, utilisateur de chiens de Bergers, a remarqué notamment que dans le galop, lors d’une descente rapide, on voit toujours tourner le fouet avec violence et que dans leur continuel mouvement de va-et-vient autour du troupeau, à chaque demi-tour, le fouet vient se porter sur le flanc suivant le côté où le chien tourne.

L’allure bergère

On entend souvent dire que les chiens de Berger doivent présenter « l’allure bergère », on devrait plutôt dire la « démarche bergère ». C’est une démarche difficile à bien décrire et à bien définir et qu’il faut avoir l’habitude d’observer pour bien la connaître. Disons que c’est une démarche faite de souplesse et dont l’allonge paraît élastique. Elle donne l’impression que l’animal en se déplaçant semble effleurer la terre sans s’y poser.

Tout chien de Berger ayant une démarche lourde, inélégante, se traînant plus ou moins en se faisant remorquer par son propriétaire ou qui tire exagérément sur sa laisse, sont pénalisables en exposition.

Un chien de Berger une fois lancé à la conduite du troupeau ne connaît guère de trêve ni de repos. Il lui faut marcher, surtout trotter et parfois galoper et très souvent sortir de son train naturel pour exécuter les évolutions indispensables : courir à la recherche des indociles, des retardataires, ou des indépendants qui se sont éloignés de la troupe. Il faut donc qu’il ait une construction solide, avec une ossature et une musculature les plus parfaites possibles. Il lui faut aussi une poitrine suffisamment vaste pour abriter de bons poumons et un cœur à toute épreuve afin de soutenir un train constant et prolongé. Manquant d’ossature, de musculature et de coffre, le plus beau modèle ou le plus élégant ne pourra
constituer inévitablement qu’un sujet trompeur pour le travail. De même un chien manquant de boyaux ne peut se nourrir convenablement, manquant nécessairement de résistance.

Pour soutenir un trot prolongé qui est l’allure de fond du chien de Berger, il est inutile que sa silhouette s’affine, s’allège et s’amenuise, mais il faut qu’il ait des allures souples et pour cela il lui faut une bonne épaule et un bon arrière-main (croupe et cuisse) et surtout un bon jarret.  On a tort trop souvent de s’hypnotiser simplement sur l’épaule qui doit être évidemment longue et suffisamment inclinée (l’un ne pouvant d’ailleurs guère se concevoir sans l’autre), car il ne faut pas oublier le rôle propulseur de l’arrière-main, ni le rôle essentiel des pieds qui constituent le système amortisseur indispensable au bon rendement général.

Le saut

C’est un mouvement dans lequel le corps se détache progressivement du sol par une détente brusque des quatre membres pour projeter l’animal en avant et en hauteur. On peut avoir le saut en hauteur. De « pied ferme » lorsque le chien étant en repos veut franchir un obstacle : haie, mur, barrière, etc. Ce saut peut aussi s’effectuer au cours d’une action au trot et au galop.

Le saut en longueur (appelé aussi saut en largeur) est exécuté pour traverser un fossé, un ruisseau, une dénivellation du sol. Il s’associe presque toujours à un mouvement progressif, trot ou galop. Le saut peut être mixte, c’est-à-dire à la fois en hauteur et en largeur.

Le saut de haut en bas s’exécute lorsque l’animal veut descendre brusquement dans un trou ou une dénivellation de terrain.

Le saut de la palissade est un exercice pour les chiens utilisés à la défense, c’est un combiné de saut en hauteur, de grimper, puis de saut de haut en bas.

Les bonds ou sauts de mouton qui s’accomplissent presque sur place et où l’animal paraît s’enlever simultanément des quatre membres, sont souvent accomplis par gaieté ou comme moyen de détente naturelle au cours d’une promenade.

Boiteries et claudications

Elles se manifestent par une irrégularité de l’allure et de l’action d’un ou plusieurs membres locomoteurs. Elles doivent être considérées comme les symptômes d’une douleur ou d’une affection locale ou générale. En cas de fracture tout appui du membre malade est totalement inexistant lorsque le chien se déplace.

Lorsqu’un chien se met à boiter sans causes apparentes ou déterminées, d’un ou des deux postérieurs, il doit être examiné très sérieusement par l’homme de l’art, car ce peut être un sujet manifestant les premiers symptômes de la « dysplasie » des hanches (affection encore peu fréquente chez le Berger de Beauce).